KIMSULAB

La confiance en soi selon Ennia

Pour le premier article de l’année, j’ai le plaisir d’accueillir Ennia. Ennia c’est ma maman de coeur d’amour et aussi la meilleure amie de ma mère et je suis très honorée de vous partager sa première contribution sur le blog.

Cet article fait suite à cette story que j’ai posté sur mon compte instagram ⬇️

Ennia : Merci Kimsu… enfin un post qui donne à réfléchir sur un sujet d’actualité à la fois si intime et tellement universel. Tes propos amènent à se poser cette question :

Pourquoi la majorité des gens doutent en permanence de leurs capacités de nos jours ?

L’analyse proposée ci-dessous n’engage évidemment que moi. Elle a au moins le mérite de cheminer pour chercher des réponses. Mais n’est-ce pas cela qui fait déjà défaut à un grand nombre d’entre nous ? Chercher, oser, s’engager… faire des choix, se projeter, avoir un but… se lancer, essayer, s’entraîner… s’exprimer sans crainte, dire ce que l’on pense et surtout arrêter de se soucier de ce que font ou disent les autres.

Je rejoins totalement Kimsu sur trois points dans le développement de la confiance en soi.

1) « Il n’y a pas de mauvais choix. »

Il y a des choix réalistes ou non. Et si ceux-ci nous tiennent à cœur alors il faut y aller. Peu importe le nombre d’heures, de mois ou d’années pour les réaliser. Le principe, c’est d’oser se lancer. Et peu importe de ne pas arriver au bout. Le chemin parcouru sera malgré tout constructif. Il nous fera grandir et avancer. Il faut expérimenter un certain temps pour gagner en confiance. 

2) « La confiance vient de la pratique. »

L’exemple de l’apprentissage de la marche est parlant pour mieux comprendre le processus. Pour apprendre à marcher, un bébé va tomber, se relever, faire quelques pas hésitants, retomber, se relever et réessayer encore et encore. Il va gagner en confiance, être rassuré par ses progrès. Il va se mouvoir de plus en plus loin, de plus en plus vite et gagner en autonomie. Il prendra alors du plaisir à se déplacer. L’enjeu suivant sera ensuite d’apprendre à courir, puis à sauter.

Transférons cet exemple dans notre vie personnelle et professionnelle. Car agir va nous permettre de croire en nos capacités et de développer peu à peu notre sentiment de sécurité intérieure. En découleront de la fierté et le plaisir de l’avoir fait.

3) « Ne laissez pas les gens parler dans votre tête. »

Evidemment, le rôle de l’entourage est crucial et aura une incidence sur la construction de la confiance en soi. Pour mieux comprendre, reprenons l’exemple de l’apprentissage de la marche. Pour le bébé, il n’y a pas de recherche de performance, uniquement de progrès. Il s’entraîne pour lui-même, sous le regard normalement bienveillant de sa famille.

Imaginons maintenant qu’à chaque fois qu’il tombe, un adulte crie, le prenne dans les bras et le câline en lui disant qu’il a dû se faire mal. Surprotégé, il va développer un sentiment d’insécurité. Il apprendra certes à marcher mais dans la crainte. L’avis des autres sera un facteur important dans ses décisions. Adulte, il évitera les enjeux et les prises de position. Il aura du mal à s’affirmer, cherchant surtout à faire plaisir aux autres. Il développera un complexe d’infériorité.

Imaginons au contraire que le bébé grandisse dans la performance, avec des parents qui le surmotivent. Il sera tout le temps sollicité et au centre de l’attention. Chacune de ses réussites sera applaudie et fera l’objet d’un point de comparaison avec les autres enfants. Le bébé apprendra vite mais sous la pression. Adulte, il évoluera avec un faux sentiment de supériorité et développera en parallèle une peur de l’échec (anxiété de performance). Le jugement dictera en grande partie ses conduites, aux dépens d’ailleurs de ceux qu’il va croiser.

(Inutile d’épiloguer sur le profil des enfants évoluant dans un environnement dévalorisant ou en situation abandonnique. Maltraités, rejetés, ils grandiront avec un sentiment d’insécurité et dans un état chronique de peur. On se doute dès lors que faire confiance ou se faire confiance sera très compliqué.)

Si l’on mesure ici l’impact déterminant de l’environnement familial dans la construction de la confiance en soi, le rôle de l’école est également à rediscuter. Les tests PISA qui comparent les performances scolaires des jeunes de 15 ans dans les différents pays, pointent « une forme d’inhibition très française : les élèves préfèrent ainsi s’abstenir de répondre ou de s’engager dans certaines tâches plutôt que de courir le risque de se tromper ». Le recours à l’évaluation immodérée, la notation ou encore la course aux diplômes n’aident guère les futurs adultes à gagner en confiance. L’inquiétude est omniprésente dans un système où seules la réussite et la performance sont récompensées.

L’échec dans une tâche est, lui, condamné par une note-sanction et donc ressenti comme une faute. Or l’erreur fait partie intégrante de l’apprentissage. Elle en est même un des piliers. Repensons au bébé et à son apprentissage de la marche. Ce sont ses hésitations et ses chutes qui vont lui permettre de progresser en adaptant peu à peu ses mouvements. L’école gagnerait en efficacité (et les jeunes en confiance) si on permettait aux élèves de s’entraîner à leur rythme et de recommencer autant de fois que nécessaire. L’enseignant aiderait à l’analyse des erreurs. Positivées, celles-ci seraient alors considérées comme des étapes normales de l’apprentissage.

Pour faire écho aux propos de Kimsu, nous devons effectivement arrêter, à l’âge adulte, de nous comparer aux autres. Cela nous maintient dans un complexe d’infériorité et/ou dans une anxiété de performance. Essayons plutôt de comprendre les causes de notre manque de confiance (enfance, famille, école…). Puis décidons d’aller au-delà en osant, en expérimentant. Cela demande du courage et de la volonté. Mais le plaisir de l’avoir fait nous donnera ce sentiment de fierté incontournable dans le développement de l’estime de soi. Et si les personnes qui nous entourent se permettent de nous juger et bien c’est qu’elles-même ont un problème de confiance. Les « vrais » accompagnants seront, eux, à nos côtés lorsque nous nous lancerons. Ils positiveront nos actes, nous aideront avec bienveillance à avancer, tout en nous laissant expérimenter. Parce que les choix de chacun sont personnels et que notre façon d’apprendre l’est également. 

Je souhaiterais conclure cette analyse en abordant le sujet de l’impact des technologies sur l’estime de soi. Je partage donc quelques notes tirées de deux articles pour aller plus loin dans la réflexion.

« Dans notre monde régi par les outils numériques, internet, la robotique, l’Intelligence Artificielle ou encore la réalité virtuelle, s’organise une société de plus en plus centrée sur la vitesse, la rentabilité, l’immédiateté et la superficialité. L’apprentissage rapide et automatisé est plesbicité au dépens de l’effort et de l’entraînement. » 

« Pour les jeunes nés avec l’avènement de l’ère numérique, constuire son identité se fait virtuellement, par le biais des médias et des réseaux sociaux. L’estime de soi passe par le regard et l’approbation des autres. Basée sur le jugement d’autrui, celle-ci ne peut qu’être fragilisée. Avec leurs contenus donnant l’illusion aux autres utilisateurs que chacun mène une vie meilleure que la sienne, les réseaux sociaux offrent un miroir déformé de la réalité. Terrains propices à la comparaison sociale, ils engendrent des sentiments d’insuffisance, particulièrement chez les jeunes en pleine construction identitaire. S’abreuver de photos qui font rêver à longueur de journée ne peut qu’augmenter leurs complexes de vie, d’autant lorsqu’il s’agit de standards irréalistes et souvent inatteignables. Passer beaucoup de temps sur les réseaux sociaux nourrit encore davantage l’insatisfaction de leur propre existence. » 

Dans ce monde en constante évolution, nous devons rester très vigilants pour ne pas tomber dans la facilité et la superficialité. Le risque est grand d’y perdre sa propre identité et toute estime de soi. L’adaptation et l’évolution d’un individu se construisent à long terme. Pour construire notre vie, prenons donc le temps de découvrir, d’oser expérimenter et de réfléchir par nous-même. Quand on sait que l’intelligence se mesure à la faculté de s’adapter, on peut avoir quelques inquiétudes quant au devenir de notre société.

Ennia


Kimsu : Merci beaucoup pour cet article de grande qualité. J’ai hâte de t’accueillir à nouveau sur le blog 😘 Love youuuu ❤️

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